

“Bonae litterae animos excolunt et ad humanitatem formant.”
Érasme
Les bonnes lettres cultivent l’esprit et forment à l’humanité.
Mon fils, je te salue et te bénis.
Je veux et ordonne que tu emploies ta jeunesse à bien profiter en étude et en vertu.
J’entends que tu apprennes les langues parfaitement : premièrement le grec, comme le veut Quintilien ; secondement le latin ; puis l’hébreu pour les saintes lettres, et le chaldéen et arabe pareillement.
Qu’il n’y ait histoire que tu ne tiennes en mémoire présente ; à quoi t’aidera la cosmographie de ceux qui en ont écrit.
Des arts libéraux, géométrie, arithmétique et musique, je t’en donnai quelque goût quand tu étais encore petit ; poursuis le reste, et de l’astronomie sache tous les canons.
Laisse-moi l’astrologie divinatrice et l’art de Lullius, comme abus et vanités.
Du droit civil, je veux que tu saches les beaux textes par cœur, et me les confères avec philosophie.
Quant à la connaissance des faits de nature, je veux que tu t’y adonnes curieusement : qu’il n’y ait mer, rivière ni fontaine dont tu ne connaisses les poissons ; tous les oiseaux de l’air, tous les arbres, arbustes et fruits des forêts, toutes les herbes de la terre, tous les métaux cachés au ventre des abîmes, toutes les pierreries de l’Orient et du Midi, rien ne te soit inconnu.
Puis soigneusement revisite les livres des médecins grecs, arabes et latins.
Par fréquentes anatomies, acquiers-toi parfaite connaissance de l’autre monde qui est l’homme.
Et quelques heures du jour commence à visiter les saintes lettres : premièrement le Nouveau Testament en grec, puis l’Ancien en hébreu.
En somme, que je voie un abîme de science.
Mais parce que, selon le sage Salomon, sagesse n’entre point en âme malivole, et science sans conscience n’est que ruine de l’âme, il te convient servir, aimer et craindre Dieu.
Aie suspect les abus du monde.
Sois serviable à tous tes prochains et les aime comme toi-même.
Révère tes précepteurs.
Fuis les compagnies des gens auxquels tu ne veux ressembler.
Et, les grâces que Dieu t’a données, celles-là ne reçois en vain.
Mon fils, que paix et grâce soient avec toi.



Pr MAIGA Sigame Boubacar
Fondateur de l'édition

